Le groupe de parole pour le deuil

21/11/2019 16:47

Pour l’année 2020, JALMALV ouvre un groupe de paroles pour les personnes endeuillés. Les rencontres sont animées par Andrée Chevrier, vice-présidente de l'association Vivre son Deuil Poitou-Charente et Anne-Marie Couret, bénévole JALMALV responsable de la commission deuil. Cet accompagnement, c’est une écoute à distance pour percevoir les non-dits, les hésitations et les silences ; c’est être présent sans s'imposer, rassurant sans étouffer. Différent du travail qui peut être fait avec un psychologue ou un psychiatre, le groupe s'adresse aux personnes qui ont vécu un deuil et qui souhaitent pouvoir en parler et le partager avec d’autres personnes dans la même situation. 

 

“Quelques mois après le décès, il n’y a plus personne pour parler du deuil dans l’entourage. On sent que l’on agace. On s’entend dire qu’il faut arrêter d’y penser, qu’il faut tourner la page. Mais le deuil prend du temps et il est important de respecter ce temps et de laisser s’exprimer les émotions.” explique Anne-Marie Couret. Le groupe de parole permet de parler de son deuil sans avoir le sentiment d’être jugé ou de déranger. Les personnes endeuillées se parlent entre elles, se comprennent, se soutiennent et cheminent ensemble vers l’apaisement. Elles ne se sentent plus seules avec leur peine et leurs émotions qu’elles ont dû refouler pour reprendre une vie normale.

 

Pour rejoindre le groupe, il faut prendre contact avec JALMALV pour un entretien individuel qui permet d’évaluer la situation et de préciser les conditions de participation. Ensuite, le groupe se réunit pour une séance d’1h30 tous les mois pendant un an. Il reste ouvert pour de nouveaux arrivants pendant 3 mois. Chaque séance commence par le rappel des règles de fonctionnement du groupe, à savoir : gratuité, laïcité, confidentialité, respect de la parole de l’autre et de l’agenda proposé sur un an.

 

Sur les premières séances, les participants se présentent aux autres et racontent librement leur deuil. “Ces séances sont importantes car elles permettent de constituer le groupe. Pour les personnes endeuillées, c’est aussi le moment d’évoquer les circonstances du décès, l’enterrement, les premiers mois du deuil…” précise Anne-Marie Couret. “Nous réunissons les indices qui permettent de construire le groupe avec des moyens de base que sont l’écoute, l’intuition, la bonne volonté et la compassion ; nous récoltons des désirs de parole causés par une souffrance et nous leur permettons de se confronter.” Après 3 mois, quand le groupe est constitué et commence à se connaître, les séances peuvent servir à évoquer un thème lié au deuil comme, par exemple, la colère, la culpabilité ou la solitude. Ce temps de rencontre peut aussi rester un moment de discussion libre qui est l’occasion pour chacun de faire un point. 

 

Lors de la toute dernière séance, un repas convivial est organisé. Chacun ramène un plat à partager avec les autres. Au fil des rencontres des amitiés se sont nouées qui perdurent après la fin du groupe de parole. Anne-Marie Couret complète “Certains souhaitent rendre ce qu’il ont reçu dans ces échanges et rejoignent JALMALV en tant que bénévole.”

 

Si vous souhaitez rejoindre ce groupe de parole ou si vous souhaitez simplement avoir plus d’informations, contactez JALMALV : jalmalv.poitiers@gmail.com 05 49 46 90 71.

 

 



 

Dans un texte écrit pour témoigner de son action de bénévole chez JALMALV, Anne-Marie Couret raconte le premier accompagnement du deuil qu’elle a été amené à faire. Pour donner foi dans la possibilité d’une vie après, nous le partageons ici :

 “un jeune père, de deux enfants, venait de perdre son épouse, écrasée par un chauffard « qui allait le soir même au restaurant avec sa femme »…

Nous l’avons écouté plusieurs fois, d’abord sur les circonstances détaillées du drame, puis sur ce qu’il avait pu inventer avec ses enfants pour essayer de combler l’absence, de la création d’une « boîte pour maman, où les enfants mettaient des dessins, des cailloux souvenirs de promenade », au classement des photos pour leur raconter « l’avant »…

Cet adulte dont la vie venait d’être injustement brisée, nous l’avons vu peu à peu oser pleurer, dire sa colère, se débattre sous le ciel noir de la dépression, puis lentement se reconstruire, parce qu’il le fallait, parce qu’il n’avait pas le choix…non pas parce que nous étions formées à l’écoute du deuil, mais parce que nous étions là, simplement témoins de la force mystérieuse et impérieuse que savent trouver les humains quand ils sont blessés.”

 
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